15 avril 2026
https://www.theatre14.fr/programmation-25-26/roberto-zucco
S'il s'agissait de suivre la cavale d'un jeune fou en treillis militaire, la chose aurait été trop simple. Rose Noël met en valeur le dernier texte de Bernard Marie Koltès avec une mise en scène immersive et captivante qui débute avant même avoir passé la porte de la salle. La pièce nous fait rencontrer les personnages qui croisent la route de l'oiseau de malheur Roberto Zucco qui bouleverse leur vie au propre comme au figuré.
Zucco est véritablement comme un oiseau, il n'amène rien de plus que sa personne violente et tourmentée, il déclenche la tragédie latente qui n'attendait que lui pour jaillir.
Si Rose Noël joue avec le texte et l'histoire initiale de Koltès, je trouve que c'est chaque fois pour accentuer le caractère, le désespoir, la face sombre des personnage.
L'image finale de Zucco, enfermé dans une cage qui ne souhaite qu'entendre le bruit des oiseaux est plus puissante que sa chute mortelle initiale.
Le grand frère aimant et protecteur cède aux macs criant en choeur comme une meute, leur laissant sa petite soeur dans les griffes du Petit Chicago est une expression presque antique de l'atroce réponse au crime d'honneur qui n'a de fondement que l'émotionnel et l'égoïsme.
Le talent du groupe BiVio (belle découverte !) qui nous accueille avant même le levé de rideau et accompagne musicalement la pièce sur scène est centrale et captive.
J'ai beaucoup aimé cette pièce. 1H30 de tension, le triple de questions sur la quête de liberté, sur la folie et le malheur caché au fond de nous qui pourrait nous tuer au moment même où nous croiserons le chemin de Roberto Zucco.